L'attaque des poulets mutants

March 29, 2016

 

 

Aujourd’hui je vais vous raconter l’histoire de notre poulet, Nous l’avons accueilli, lui et ses camarades, un peu après Kippour. Des amis de Daphna, ma deuxième fille, végétaliens convaincus et militants, nous ont demandés de recueillir des poulets sauves des “Kaparot”. 

 

La coutume des Kaparot est une ancienne coutume juive qui consiste, à la veille de Kippour, à faire tourner un poulet trois fois, au dessus de sa tête, en récitant un texte. Il est ensuite abattu, et le poulet ou sa valeur en argent est donné à de personnes dans le besoin. Le but de cette coutume est de protéger la personne participant à cette cérémonie de malheurs futurs grace à son acte de charité. Certain rabbins doutent que brandir un poulet ait un effet positif sur le jugement du Créateur et préconisent de cesser cette coutume. La plupart des gens sont d’accord avec eux et se contentent de donner de l’argent. Mais certains ont du mal a changer leurs habitudes.

 

Une charmante jeune fille m’a gentiment expliqué , au téléphone ,que son organisation avait réussi a sauver trois cent poulets. Pour être honnête, elle m’a un peu mise en garde: il s’agissait de poulets âgés de deux ou trois mois a peine, génétiquement modifiés, mâles, en piteux état, aux excrements particulièrement nauséabonds. Ils sont élevés pour leur viande, ils grandissent très vite, ont un appétit insatiable, et sont voués très jeunes au couteau du boucher. Le rendement avant tout!

Nous avions un poulailler vide, j’ai accepté d’en prendre six.J’aurais du me méfier.

 

Au début, tout s’est bien passé. Ils étaient sales et déplumes, mais au bout de quinze jours leur aspect s’est considérablement amélioré. Peu à peu, les problèmes sont apparus.

J’ai déjà eu des poulets et je sais qu’après quelques jours d’adaptation, ils me reconnaissent, et se précipitent vers moi lorsque je leur apporte à manger. Malgré tout, ils gardent une certaine distance. 

Ces poulets mutants se collaient littéralement à moi. A tel point que j’avais du mal a pénétrer dans le poulailler sans leur marcher dessus. Ils se sont mis à m’attaquer lorsque je venais leur porter à manger. ils me piquaient avec leur bec  et me blessaient. Bien sur, le responsable recevait immédiatement un coup de pied de ma part, mais cela ne les a pas arrêté. En plus ils savaient viser les quelques centimètres de peau dénudée. J’appréhendait le moment de rentrer dans le poulailler. J’ai essaye plusieurs techniques: leur jeter des graines d’un coté du poulailler et courir vers la porte pour les prendre de vitesse, ou bien ouvrir la porte et leur jeter les graines… Je ne pouvais pas leur laisser le sac de graines a l’intérieur, parcequ’ils étaient incapable de s’arrêter de manger. Ils peuvent devenir si gros que leurs pattes ne les supportent plus et ne peuvent plus marcher.

 

e les ai laissé sortir dans le jardin. J’ai trouve que l’exercice les calmait un peu. Lorsque;ils se sont habitués à la situation, ils se sont mis à me poursuivre. Je ne pouvais plus aller dans le jardin sans qu’un groupe de gros poulets se mette a courir vers moi. Je me suis sentie percutés comme Tippi Hedren dans le film “les oiseaux”, de Hitchcock. S’ils me voyaient au travers des vitres de la maison, ils me guettaient et essayaient même de rentrer a l’intérieur. Je n’ai pas de mots pour décrire leur course pataude mais néanmoins rapide, leur yeux méchants et avides, leurs crêtes rouge sang, comme des parures guerrières. 

Moi qui rêvait d’harmonie avec la nature et les bêtes, me suis retrouvée en plein Jurassic Park. Je pense que les croisements qu’ils ont subi pour les faire grandir et grossir plus rapidement ont dégénéré leur ADN vers celui de leurs ancêtres dinosaures.

 

Alors j’ai cherché quelqu’un qui serait d’accord pour les manger. Le jardinier a d’abord été intéressé. Il est très religieux et a six enfants. Il ne mange pas souvent de la viande, car ils a décidé de ne consommer que du poulet bio. Ces poulets n’étaient pas bio au départ, mais ils avaient passés six mois de réhabilitation chez moi, à manger sainement. Apres réflexion, il décommanda les poulets, inquiet de leur génétique dénaturée. 

Un soir, j’ai oublie de fermer le poulailler…

Je sais, vous allez penser que c’était un acte manqué. Pas du tout! Il y a dans ce poulailler, à part ces six brutes, un couple qui eux ressemblent à des oiseaux et à qui je tiens beaucoup.

Et les prédateurs sont arrivés…

 

Cette nuit là, je me suis réveillée en sursaut, alertée par des craquètements affolés et un bruit sourd. Etant incapable de me rendormir, je suis sortie. Malgré l’obscurité, j’ai tout de suite vu un cadavre décapité, en face de ma fenêtre, ses plumes blanches éparpillées sur le gazon. J’ai rentré les poulets restants dans le poulailler. Il n’y en avait plus que trois. 

Au matin, je suis partie a la recherche des deux cadavres restants et j’ai creusé une tombe.

J’ai cru que les chiens des voisins étaient coupables du crimes. Dans notre moshav, les propriétaires de chiens les laissent en liberté, ce qui pose beaucoup de problèmes. 

J’ai finalement pris le coupable sur le fait. J’ai vu le lendemain, en plein jour, sur ma pelouse, un renard tenant dans sa gueule le cou d’un des poulets. Je l’ai observe de loin, n’ayant aucune intention m’approcher. Je pensais le poulet déjà mort. Comme je suis pour la protection de la nature, je trouvais que le renard pouvait manger à sa faim. Mais il a pris peur en me voyant, a lâché la poule et s’est enfui. Je me suis approchée, le poulet était toujours vivant, bien qu’immobile. Je me suis rapidement rendu compte qu’il ne pouvait pas marcher. 

 

Le lendemain, j’ai appelé le vétérinaire. Il est venu et m’a dit qu’il fallait attendre une semaine et voir si il allait se remettre. Je devais simplement le nettoyer de ses excrements (particulièrement nauséabond): ils restaient colles à ses plumes, puisqu’il ne pouvait pas bouger. Au bout de deux jours, je n’en pouvait plus. Mais le troisième jour, il s’est finalement remis à marcher! Elle boite, mais se porte bien. Et puis il a pondu un oeuf! C’est donc une poule et elle s’appelle Dorothy. Elle va rester avec nous. Ses deux compères qui ont survécu à l’attaque du renard, ont finalement été mangés par des humains! Ils étaient, parait-il, délicieux.

 

 

 

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